L'essentiel
- Cancer gynécologique le plus fréquent en France, surtout après 50 ans.
- Premier signe : un saignement après la ménopause, ou des saignements anormaux avant.
- Diagnostic par biopsie de l'endomètre, au mieux ciblée sous hystéroscopie.
- Traitement de référence : chirurgie mini-invasive, décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Sommaire
Qu'est-ce que le cancer de l'endomètre ?
C'est un cancer qui naît de la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Il touche surtout les femmes après la ménopause. Environ 8 400 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France en 2023, à un âge médian de 71 ans. Parce qu'il saigne tôt, il est le plus souvent découvert à un stade limité à l'utérus, où le pronostic est bon.

Vue hystéroscopique · illustration
Qui est le plus exposé ?
- l'âge, le surpoids et le diabète ;
- une exposition prolongée aux œstrogènes sans progestatif ;
- le tamoxifène, prescrit après un cancer du sein ;
- le syndrome de Lynch, prédisposition génétique qui expose aussi au cancer du côlon ;
- l'absence de grossesse, des règles précoces ou une ménopause tardive.
Quels signes doivent alerter ?
Un saignement après la ménopause est le signe le plus fréquent : il doit toujours être exploré. Avant la ménopause, des saignements entre les règles ou des règles qui changent brutalement, surtout après 45 ans ou en présence de facteurs de risque, justifient aussi un bilan.


Comment l'hystéroscopie aide-t-elle au diagnostic ?
L'échographie montre un endomètre épaissi ou irrégulier. Le diagnostic repose sur l'analyse d'un prélèvement. La biopsie à la pipelle est simple, mais elle prélève à l'aveugle et peut manquer une lésion localisée. L'hystéroscopie montre l'aspect de la cavité (lésion irrégulière, friable, vaisseaux anormaux) et permet de biopsier précisément la zone suspecte.
L'examen est réalisé à basse pression. Les études n'ont pas montré que l'hystéroscopie aggravait le pronostic du cancer de l'endomètre.
Quel bilan après le diagnostic ?
| Examen | But |
|---|---|
| IRM pelvienne | Mesurer l'extension dans le muscle utérin et le col |
| Analyse moléculaire de la tumeur | Classer la tumeur (POLE, MMR, p53) : intégrée à la classification FIGO 2023 |
| Recherche du syndrome de Lynch | Repérer une forme héréditaire et protéger la famille |
| Scanner thoraco-abdominal | Selon le type et le stade |
Quel traitement ?
Chaque dossier est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire, qui réunit chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes et pathologistes. Le traitement de référence est chirurgical : ablation de l'utérus et des annexes, par cœlioscopie le plus souvent, avec la technique du ganglion sentinelle pour évaluer les ganglions. Un traitement complémentaire (curiethérapie, radiothérapie, chimiothérapie) est discuté selon le stade et le profil moléculaire.
Chez une femme jeune qui souhaite une grossesse, une tumeur très précoce et de bas grade peut, dans des cas sélectionnés, être traitée de façon conservatrice : résection hystéroscopique et progestatifs, sous surveillance étroite, selon les recommandations européennes de 2023.
Et l'hyperplasie atypique ?
L'hyperplasie atypique est une lésion précancéreuse de l'endomètre. Elle se traite en général par hystérectomie ; un traitement par progestatifs, souvent par stérilet hormonal, est possible chez une femme qui souhaite préserver sa fertilité, avec des hystéroscopies et biopsies de contrôle.
Questions fréquentes
Le cancer de l'endomètre se guérit-il ?
Le plus souvent, oui : découvert à un stade limité à l'utérus, ce qui est le cas le plus fréquent, il guérit dans la grande majorité des cas.
L'hystéroscopie peut-elle disséminer le cancer ?
Les études n'ont pas montré d'aggravation du pronostic. L'examen est réalisé à basse pression, et il permet un diagnostic plus précis.
Le frottis dépiste-t-il le cancer de l'endomètre ?
Non. Le frottis dépiste le cancer du col de l'utérus. Le cancer de l'endomètre se révèle par des saignements, qui doivent être explorés.
Peut-on garder sa fertilité ?
Dans des cas très sélectionnés (tumeur précoce, bas grade, femme jeune), un traitement conservateur est possible sous surveillance étroite, selon les recommandations européennes de 2023.
Références
Rédigé et relu par le Dr Olivier Kadoch · 18 octobre 2026
Cette page informe ; elle ne remplace pas une consultation. Chaque situation est discutée individuellement.


